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Droit des Affaires 20/01/2026

Recouvrement de créances : Accélérer les procédures au tribunal

Recouvrement de créances : Accélérer les procédures au tribunal

Soyons honnêtes deux minutes : rien ne gâche plus une fin de semaine qu'un coup d'œil sur sa balance âgée et la réalisation qu'un client "oublie" de vous payer. On a tous connu ce moment où l'on passe de l'optimisme béat ("Il va payer, c'est un partenaire historique") à la réalité brutale ("Il ne répond plus à mes WhatsApp").

Si vous lisez ceci, c'est que vous en avez probablement marre d'attendre. Bonne nouvelle : on va voir ensemble comment transformer ce cauchemar en argent liquide, et ce, sans attendre que le calendrier hégirien fasse trois tours complets. En 2026, au Maroc, l'arsenal juridique pour récupérer son dû s'est sérieusement musclé.

Je vais vous expliquer comment on gagne ce combat de boxe financière, avec un peu d'humour (parce qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer devant son relevé bancaire) et surtout beaucoup d'efficacité. FYI, le temps est votre pire ennemi en droit des affaires. On y va ? :)


Pourquoi votre argent dort-il encore dehors ?

Sérieusement, pourquoi certains débiteurs pensent-ils que vos factures sont des suggestions de dons ? C'est souvent un mélange de mauvaise foi et de "gestion de trésorerie créative" (traduisez : ils utilisent votre argent pour payer leurs propres dettes).

Le problème, c'est que beaucoup d'entrepreneurs à Rabat ou Témara hésitent à passer à l'action judiciaire par peur de la lenteur administrative. L'erreur classique consiste à espérer un miracle. Spoiler alert : le miracle n'arrive jamais sans une petite convocation du tribunal.

Vous vous demandez si l'action en justice va briser la relation commerciale ? Posez-vous plutôt cette question : quelle relation commerciale mérite de vous mettre dans le rouge ? IMO, un client qui ne paye pas n'est pas un client, c'est un hobby coûteux.


L'Injonction de Payer : Votre arme de destruction massive

C’est la star absolue du droit commercial marocain. Si vous avez une preuve écrite de la dette (facture acceptée, bon de commande signé, lettre de change), l'injonction de payer est votre meilleure amie.

Pourquoi est-ce si génial ? Parce que c’est une procédure "non contradictoire" au départ. En clair, on ne demande pas l'avis du débiteur. On présente le dossier au président du Tribunal de Commerce de Rabat, et s'il est d'accord, il signe une ordonnance.

C'est rapide, c'est net, et ça évite de se coltiner deux ans de plaidoiries inutiles. Le juge statue sur pièces, sans audience publique. C'est l'équivalent juridique d'un "fast-pass" à Disneyland, mais pour votre compte en banque.

Les conditions de réussite pour l'injonction

  • La dette doit être certaine et liquide : On ne parle pas de "je pense qu'il me doit à peu près ça". On veut des chiffres précis.

  • La preuve doit être écrite : Les promesses verbales au café ne comptent pas, même si vous avez pris un excellent thé à la menthe ensemble.

  • La mise en demeure préalable : C'est le petit passage obligé. Sans elle, le juge risque de vous renvoyer dans vos cordes.


La Mise en Demeure : Le dernier avertissement avant la tempête

Avant de sortir l'artillerie lourde, on doit envoyer une mise en demeure. C'est le moment de montrer que vous n'êtes plus là pour plaisanter. Oubliez les mails polis avec des "s'il vous plaît". On veut du formel.

L'envoi par huissier de justice (notaire de justice) à Rabat ou Témara est de loin la méthode la plus efficace. Quand un huissier toque à la porte d'une entreprise avec un papier officiel, l'effet psychologique est immédiat. Soudainement, le comptable retrouve comme par magie les codes d'accès de la banque.

Le saviez-vous ? La mise en demeure fait courir les intérêts de retard. C'est un peu comme un compteur de taxi juridique : plus le débiteur attend, plus ça lui coûte cher. Pourquoi s'en priver ?


Le Tribunal de Commerce de Rabat : Le terrain de jeu

Si l'injonction de payer ne suffit pas (par exemple, si le débiteur conteste la créance), on passe au fond. Ici, on entre dans l'arène du Tribunal de Commerce. C'est moins "sexy" qu'une série Netflix, mais c'est là que tout se joue.

En 2026, la digitalisation a bien aidé. Les dépôts de requêtes se font désormais en ligne sur la plateforme du ministère. On gagne un temps précieux sur les délais de greffe. Mais attention, vitesse ne signifie pas précipitation.

Un dossier mal ficelé au Tribunal de Commerce, c'est une invitation à la défaite. Le juge n'a pas le temps de deviner vos intentions. Chaque document doit être classé, numéroté et traduit si nécessaire.


Les Saisies Conservatoires : Bloquer avant qu'il ne soit trop tard

Imaginez la scène : vous gagnez votre procès après 6 mois, vous avez votre titre exécutoire, et là... surprise ! Le compte bancaire de votre débiteur est aussi vide qu'un stade de foot pendant un match à huis clos.

Pour éviter ce drame, on utilise la saisie conservatoire. C'est l'action de "geler" les avoirs du débiteur (comptes bancaires, voitures, fonds de commerce) avant même la fin du procès.

C'est une mesure de sécurité indispensable. Mieux vaut prévenir que courir après des comptes fantômes. Si vous savez que votre débiteur commence à vendre son matériel de bureau à Témara, n'attendez pas demain. Demandez une saisie immédiate.

Ce que l'on peut saisir au Maroc :

  1. Les comptes bancaires : La méthode la plus efficace et la plus radicale.

  2. Les créances entre les mains de tiers : Si votre débiteur attend de l'argent de l'un de ses propres clients (souvent une grande administration à Rabat), vous pouvez intercepter cet argent.

  3. Les biens meubles : Véhicules de fonction, stocks de marchandises, ordinateurs.

  4. L'immobilier : On inscrit une hypothèque judiciaire sur le titre foncier à la conservation foncière. Autant vous dire que ça calme tout de suite les ardeurs du débiteur.


La Réalité du Terrain : Pourquoi passer par un avocat ?

On me demande souvent : "Est-ce que je peux faire ça tout seul ?" Techniquement, pour certaines petites sommes, vous pourriez essayer. Mais honnêtement, est-ce que vous feriez votre propre chirurgie dentaire pour économiser quelques dirhams ? :/

Le droit des affaires est un champ de mines de vices de procédure. Une erreur dans la notification, un délai dépassé d'un jour, et votre dossier finit à la poubelle. L'avocat n'est pas une dépense, c'est une assurance contre l'échec.

En plus, l'avocat a accès à des réseaux et des outils de recherche d'actifs que vous n'avez pas. Savoir où le débiteur cache son argent est tout un art. À Rabat, le monde des affaires est petit, mais les cachettes sont nombreuses.


La Négociation Transigée : L'art de la sortie honorable

Parfois, la menace du tribunal est plus efficace que le procès lui-même. Une fois que la machine judiciaire est lancée, le débiteur propose souvent une "transaction".

Faut-il accepter un échéancier de paiement ? Oui, mais seulement avec des garanties solides. Un accord transactionnel doit être homologué par le juge pour avoir la force d'un jugement.

Si vous signez un papier gribouillé sur un coin de table dans un café d'Agdal, vous repartez à zéro en cas de nouveau non-paiement. Ne soyez pas naïf. L'accord doit être blindé juridiquement.


Les nouveaux délais de 2026 : Vers une justice plus rapide

La grande nouveauté de cette année, c'est l'encadrement strict des délais de délibéré. Le ministère de la Justice a mis la pression sur les tribunaux pour que les affaires commerciales ne traînent plus pendant des années.

C'est une excellente nouvelle pour vous. Le climat des affaires au Maroc exige de la fluidité. Un entrepreneur qui ne peut pas récupérer ses créances est un entrepreneur qui ne peut pas investir ou payer ses propres salariés.

Aujourd'hui, une procédure d'injonction de payer peut être bouclée en quelques semaines si le dossier est parfait. Vous imaginez la tête de votre débiteur quand il recevra l'ordonnance alors qu'il pensait avoir encore 6 mois de répit ? C'est inestimable.


Comment préparer votre dossier dès demain matin ?

Arrêtez de procrastiner. Chaque jour qui passe diminue vos chances de récupérer l'intégralité de la somme. Les entreprises en difficulté financière ont tendance à s'enfoncer rapidement. Les premiers arrivés sont les premiers servis.

Voici votre check-list immédiate :

  • Rassemblez tous les originaux : Factures, bons de livraison, contrats.

  • Vérifiez l'adresse exacte du siège social : Un détail, mais vital pour la notification.

  • Imprimez les relevés bancaires : Pour prouver qu'aucun virement n'a été reçu.

  • Contactez votre avocat à Rabat : Prenez les devants avant que le débiteur ne disparaisse dans la nature.


FAQ : Les questions qui vous brûlent les lèvres

"Combien ça coûte ?"

C'est la question qui fâche. Il y a les taxes judiciaires (proportionnelles à la somme demandée) et les honoraires. Mais comparez cela au coût de perdre 100% de votre créance. Le calcul est vite fait, non ?

"Et si le débiteur est en liquidation judiciaire ?"

C'est le scénario catastrophe. Là, on entre dans le droit des entreprises en difficulté. Il faut déclarer sa créance au syndic dans des délais très courts. Si vous dormez, vous perdez tout.

"Puis-je porter plainte au pénal pour un chèque sans provision ?"

Ah, le fameux chèque ! Oui, au Maroc, le chèque est sacré. C'est un moyen de paiement, pas de crédit. Si vous avez un chèque en main, c'est un ticket direct pour le recouvrement accéléré, voire le pénal.


Conclusion : Prenez les commandes de votre trésorerie

Le recouvrement de créances n'est pas une fatalité, c'est une technique. Que vous soyez une PME à Témara ou une grande structure à Rabat, vous avez le droit de vous faire payer pour votre travail. Ne laissez personne vous faire croire le contraire.

La procédure civile et commerciale marocaine en 2026 vous offre des outils puissants, rapides et digitaux. L'injonction de payer, les saisies conservatoires et la force de la négociation assistée par un avocat sont vos meilleurs alliés.

Alors, on continue de soupirer devant l'écran ou on passe à l'action ? IMO, votre entreprise mérite que vous vous battiez pour chaque dirham. Ne soyez pas la banque gratuite de vos clients indélicats.

Vous avez un dossier brûlant sur votre bureau ? Ne le laissez pas prendre la poussière. Un petit conseil juridique aujourd'hui peut sauver votre bilan annuel demain!